Elia Pagliarino, « Balise de Strasbourg », France
Peinture porcelaine & Ceramique sur argile émaillée
(Hors Bouchon) 42 cm : Matériaux composites et bois.
COLLECTION DES BALISES: Elia Pagliarino
- Conservation de chroniques de vies du monde entier, pour une mémoire collective.
Chaque histoire est conservée dans la céramique, suspendue à son bouchon.
C'est l'histoire d'un enchantement puis d'un désenchantement, puis d'une transmission.
Ici, entre le massif des Vosges et le Rhin, les femmes connaissent bien l'alchimie et les plantes médicinales, elles travaillent avec la nature pour guérir leurs semblables et accoucher les futures mères.
Mais en pleine période de Renaissance, l'Eglise perd de son autorité et cherche des boucs émissaires pour reprendre le pouvoir.
Il faut désenchanter le monde pour pouvoir le dominer.
Dans la ville de Sélestat, un des foyers de l'innovation et de l'humanisme, les livres servent à promouvoir la connaissance, mais aussi à édifier toute une légende sur les sorcières.
La bible des démonologues* décrira ces femmes comme les associées du diable, accompagnées de crapauds et serpents, pour les éliminer en masse. Jeunes ou vieilles, paysannes comme bourgeoises, toutes ces femmes stigmatisées sont considérées comme responsables de la grêle et des mauvaises récoltes.
Aujourd'hui, la nature alsacienne conserve les lieux rattachés au folklore qui évoque cette période, empreints d'une ambiance féérique et magique, au cœur de la végétation, des grands arbres et des blocs de grés.
Là où les descendantes cueillent toujours les plantes médicinales pour soigner et rendre hommage à la Terre nourricière.
*En 1486, le dominicain alsacien Henri Institoris publie le Malleus Maleficarum (« Marteau des sorcières »)
En 1648, Louis XIV décriminalise la sorcellerie considérée comme une superstition.
Elia Pagliarino
Balise de Strasbourg, 2025
